22 avril 2026

Apnée du sommeil ou jambes sans repos : apprendre à différencier les symptômes

Pourquoi ces deux troubles sont souvent confondus ?

Les troubles du sommeil sont nombreux, avec des symptômes qui se chevauchent parfois : fatigue, irritabilité, difficultés de concentration… L’apnée du sommeil et le syndrome des jambes sans repos (SJSR) figurent parmi les causes fréquentes de nuits difficiles et de somnolence diurne. Pourtant, il s’agit de deux troubles très différents, tant dans leur origine que dans leur traitement. Comprendre ce qui les distingue permet de gagner un temps précieux pour retrouver un sommeil réparateur et prévenir d’éventuelles complications.

Apnée du sommeil : une respiration interrompue la nuit

L’apnée du sommeil, et plus précisément le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), se caractérise par des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil. Plusieurs mécanismes sont en cause, mais tous provoquent des micro-éveils à répétition. Les signes ne sont pas toujours visibles par la personne concernée. Le diagnostic, souvent posé sur les observations du ou de la partenaire, peut ainsi se faire attendre.

  • Ronflement fort et régulier : souvent le premier signe, mais pas systématique.
  • Arrêts respiratoires observés : par un proche, inquiets de pauses silencieuses dans la respiration.
  • Suffocations ou réveils brusques : sensation d’étouffement, envie de reprendre son souffle.
  • Fatigue persistante au réveil, malgré un temps de sommeil suffisant.
  • Maux de tête matinaux : causés par une mauvaise oxygénation nocturne.
  • Somnolence diurne excessive : tendance à s’endormir involontairement dans la journée (au volant, devant la télévision, etc.).
  • Irritabilité, troubles de l’humeur et troubles de la mémoire.

La prévalence de l’apnée du sommeil dépasse 10% chez les adultes selon l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance), et reste souvent sous-diagnostiquée. Non traitée, elle expose à des risques accrus d’hypertension, d’accidents cardiovasculaires et d’accidents de la route (Sommeil.org).

Syndrome des jambes sans repos : une agitation qui démarre au coucher

Le syndrome des jambes sans repos (SJSR), parfois appelé maladie de Willis-Ekbom, est un trouble neurologique. Il se manifeste par des sensations désagréables (picotements, fourmillements, démangeaisons) dans les membres inférieurs, survenant principalement au repos… c’est-à-dire justement lors de l’endormissement.

  • Besoins irrépressibles de bouger les jambes : parfois aussi au niveau des bras.
  • Apparition ou aggravation au repos : typiquement en position allongée ou assise, le soir et la nuit.
  • Amélioration temporaire par le mouvement : marcher, bouger ou étirer les jambes soulage.
  • Difficulté à s’endormir : l’anxiété anticipatrice des symptômes aggrave la situation.
  • Sommeil fragmenté : l’endormissement est retardé, et les réveils fréquents.
  • Fatigue et troubles de l’humeur dans la journée.

Selon l’étude européenne REST, près de 8,5% des Européens présentent des symptômes de SJSR, dont 2,2% avec une forme modérée à sévère (Journal des Femmes Santé).

Tableau comparatif des principaux symptômes

Symptômes Apnée du sommeil Syndrome des jambes sans repos
Ronflement Souvent présent Absent
Arrêts respiratoires Caractéristiques Jamais observés
Somnolence diurne Très fréquente Possible
Maux de tête matinaux Fréquents Rares
Sensations dans les jambes (picotements, fourmillements) Non Essentielles au diagnostic
Besoins de bouger les jambes pour soulager Non Typique
Irritabilité, troubles de l'humeur Oui Oui

On constate immédiatement que les deux pathologies ne se manifestent pas par les mêmes signes. La sensation de gêne dans les jambes, le besoin de mouvement et l'aggravation au repos signent le SJSR ; les arrêts respiratoires et le ronflement fort relèvent plutôt de l’apnée du sommeil. Cependant, la fatigue diurne et les troubles cognitifs peuvent se ressembler, car dans les deux cas, le sommeil est non réparateur.

Distinguer à la maison : les questions à se poser

  • Votre entourage remarque-t-il des arrêts de respiration ou des ronflements bruyants ?
  • Vous réveillez-vous parfois avec une sensation d’étouffement, de suffocation ?
  • Eprouvez-vous des sensations désagréables dans les jambes au moment de l’endormissement ? Un besoin irrépressible de les bouger ?
  • Vos symptômes disparaissent-ils ou s’atténuent-ils lorsque vous marchez ou bougez ?
  • Comment vous sentez-vous la journée ? Somnolent ou plutôt nerveux ?

La réponse à ces questions peut déjà orienter vers une des deux causes principales. N’hésitez pas à les noter et à les partager avec un professionnel de santé.

Des maladies parfois associées

Dans de rares cas, apnée du sommeil et SJSR peuvent coexister ; on parle alors d’un « double trouble du sommeil ». Les facteurs de risque diffèrent toutefois. L’apnée du sommeil est favorisée par le surpoids, l’âge, le sexe masculin, certaines anomalies ORL. Le SJSR, lui, touche plus souvent les femmes et peut être aggravé par la grossesse, certaines carences (notamment en fer) et la prise de certains médicaments (Haute Autorité de Santé).

Les complications : pourquoi il est important de différencier

Non traités, ces troubles peuvent avoir des conséquences lourdes :

  • Pour l’apnée : hypertension, diabète, maladies cardiovasculaires, accidents de la route ou du travail, dépression.
  • Pour le SJSR : perturbation du sommeil chronique, troubles anxieux et dépressifs, altération majeure de la qualité de vie.

Adapter le traitement est indispensable : l’apnée du sommeil relève de solutions spécifiques (orthèses, pression positive continue, chirurgie parfois), le SJSR d’approches différentes (supplémentation en fer, médicaments dopaminergiques, règles d’hygiène du sommeil).

Quand consulter ? Poser le bon diagnostic !

  • Persistance des symptômes au-delà de quelques semaines.
  • Somnolence au volant ou sur le lieu de travail.
  • Impact majeur sur l’humeur et les performances.
  • Observations d’arrêts respiratoires ou de mouvements inhabituels pendant la nuit.

Les tests de dépistage comme le score NOSAS pour l’apnée ou des questionnaires validés pour le SJSR aident le médecin à faire le tri et à proposer une prise en charge adaptée (Revue Médicale Suisse).

Le mot de l’équipe : Mieux comprendre pour mieux agir

La fatigue n’est pas une fatalité. S’interroger sur la qualité de son sommeil, c’est poser les bases de sa santé globale. Reconnaitre les bons signaux, c’est savoir demander de l’aide au bon moment. Clarifier les choses en amont permet d’éviter l’errance diagnostique, de gagner en sérénité, et parfois même d’éviter des complications.

Informer, dépister, agir : c’est ce cercle vertueux qui guide la mission du blog. Si ces symptômes vous touchent ou concernent un proche, n’attendez pas pour en parler à un professionnel. Le sommeil se soigne, et chaque pas vers sa compréhension est un pas vers un meilleur quotidien.

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