Bruxisme : ce que la polygraphie peut — ou ne peut pas — révéler
Le bruxisme, ce grincement ou serrement involontaire des dents, touche jusqu’à 8 à 13 % de la population adulte selon Swiss Dental Journal (2021). Il peut abîmer les dents, causer des douleurs faciales, aggraver la fatigue mais il n’entraîne pas d’apnées respiratoires.
La polygraphie standard ne mesure généralement pas spécifiquement le bruxisme. Cependant, plusieurs signaux indirects attirent l'attention :
- Micro-arousals non expliqués par une apnée : de brefs éveils, en dehors des épisodes d’apnée, parfois en lien avec une tension musculaire brusque.
- Électromyogramme (EMG) des masséters : certains appareils ajoutent cette mesure, enregistrant des contractions répétées des muscles de la mâchoire.
- Bruits de grincement captés par microphone : sur le tracé sonore, des épisodes courts et intenses non liés au cycle respiratoire peuvent parfois évoquer le bruxisme.
Mais attention : pour un diagnostic définitif de bruxisme, la polysomnographie avec capteurs spécifiques (EMG bilatéral des muscles masséters et temporaux) reste la référence selon l’American Academy of Sleep Medicine (AASM, 2018). La polygraphie y contribue par signalement, mais pas comme preuve.