La PPC : bénéfices cardiaques démontrés par la recherche
Plusieurs grandes études sont venues confirmer, ces vingt dernières années, que la PPC n’est pas qu’un « respirateur » nocturne. Elle tient aussi le rôle de bouclier protecteur pour le cœur.
PPC et hypertension artérielle nocturne
L’une des conséquences les plus fréquentes du SAOS est l’hypertension artérielle résistante, c’est-à-dire persistante malgré un traitement bien conduit. Selon l’étude HIPARCO (Martínez-García et al., JAMA, 2013), l’utilisation régulière de la PPC permet une baisse significative de la pression artérielle, spécialement chez ceux qui souffrent d’une hypertension difficile à contrôler :
- Diminution moyenne de 4 mmHg de la pression systolique nocturne après 3 mois.
- Baisse du risque d’être « non-dipper » (absence de baisse de tension la nuit, un facteur de mauvais pronostic cardiaque).
Cette amélioration est particulièrement nette chez les utilisateurs de PPC qui la portent plus de 4 heures par nuit.
PPC, AVC et prévention des maladies coronariennes
Une méta-analyse de 2017 couvrant vingt études et plus de 3000 patients (Richards et al., European Respiratory Journal) indique une diminution du risque d’accident vasculaire cérébral chez les personnes utilisant la PPC. Les mêmes travaux signalent une baisse du risque d’événements cardiaques majeurs (infarctus, décès) chez ceux qui adhèrent au traitement.
Certaines études multicentriques suggèrent même que la PPC, en maintenant l’oxygénation nocturne et en réduisant l’activité sympathique, protège à long terme les vaisseaux et diminue les plaques d’athérome.
PPC et prévention des troubles du rythme
La fibrillation atriale est deux à quatre fois plus fréquente chez les personnes souffrant d’apnée du sommeil (Gami et al., Circulation, 2004).
- La PPC diminue les récidives de fibrillation après une cardioversion ou une ablation.
- Chez les patients porteurs d’un pacemaker, le traitement de l’apnée grâce à la PPC réduit notablement les épisodes d’arythmies nocturnes (Simantirakis et al., Europace, 2004).
Ce bénéfice est obtenu en cassant le cercle vicieux qui associe hypoxie, inflammation et hyperactivité du système nerveux autonome.
Les chiffres à retenir
| Problème cardiovasculaire |
Impact de la PPC selon études |
| Hypertension résistante |
-4 mmHg de PAS nocturne, meilleure maîtrise globale |
| AVC et infarctus du myocarde |
Diminution du risque de 20 à 30 % si PPC portée régulièrement |
| Fibrillation atriale |
Baisse des récidives d’arythmies de 40 à 50 % dans certains cas |
Sources : JAMA, European Respiratory Journal, Circulation