Parasomnies et apnée du sommeil : un duo qui ne fait pas bon ménage
Au fil des consultations, la question revient régulièrement : existe-t-il un lien entre parasomnies et apnée du sommeil ? Beaucoup l’ignorent, et pourtant la réponse est oui...
Nuit Optimisée par la Santé et l’Appui au Sommeil
La somnolence diurne sévère bouleverse la vie de celles et ceux qui en souffrent. Se réveiller fatigué, lutter contre l’endormissement au travail ou au volant, devoir s’arrêter parce qu’on « tombe » littéralement de sommeil, peut paraître invivable. Deux causes principales peuvent expliquer cette plainte : l'apnée obstructive du sommeil et la narcolepsie. Pourtant, malgré leurs conséquences parfois similaires, ces deux troubles sont très différents, dans leur origine, leur diagnostic et leur prise en charge.
Cet article a pour objectif d’éclaircir les mécanismes de ces deux pathologies, de proposer des pistes concrètes pour ne pas les confondre, et de vous aider à mieux dialoguer avec les professionnels de santé.
D’après la Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil (SFRMS), environ 16% des adultes se plaignent d'une somnolence excessive en journée.1 Mais quand elle devient sévère, elle expose à des risques réels : accidents de la route, baisse de la performance professionnelle, troubles de l’humeur, voire troubles métaboliques.
Il est donc essentiel d’identifier précisément la cause pour agir efficacement.
L’apnée obstructive du sommeil (AOS) se caractérise par des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil (plus de 10 secondes), souvent liés à un relâchement des muscles du pharynx. Le sommeil est entrecoupé de nombreux micro-éveils, ce qui entraîne une fatigue chronique, parfois sans que la personne en soit consciente.
La narcolepsie est une maladie rare, affectant 0,02 à 0,05% de la population (Dauvilliers et al., Neurology, 2021). Elle se caractérise avant tout par un besoin impérieux de dormir en journée, parfois plusieurs fois par jour, quelles que soient les circonstances. Ce trouble provient d’un déficit en hypocritine, un neurotransmetteur qui stabilise l’état d’éveil.
| Caractéristiques | Apnée du sommeil | Narcolepsie |
|---|---|---|
| Âge d’apparition | Le plus souvent après 40 ans | Adolescence ou jeune adulte |
| Sexe le plus touché | Homme > femme (facteurs hormonaux et anatomiques) | Peu de différence |
| Symptôme cardinal | Somnolence liée à un sommeil non réparateur | Accès irrépressibles de sommeil, parfois très soudains |
| Signes nocturnes | Ronflement, éveils avec suffocation, nuits agitées | Rêves très vifs, hallucinations à l’endormissement ou au réveil |
| Autres symptômes caractéristiques | Maux de tête matinaux, hypertension, troubles de la concentration | Cataplexie, paralysie du sommeil, hallucinations hypnagogiques |
| Conséquences physiques | Risque cardiovasculaire accru, diabète, accidents | Impact psychologique, accidents par endormissement |
La cataplexie est un symptôme fondamental de la narcolepsie. Elle se manifeste par une perte soudaine du tonus musculaire, déclenchée par une émotion (rire, colère, surprise), sans perte de conscience. C’est un critère quasi-diagnostique. Ce phénomène n'existe pas dans l'apnée du sommeil.
Des outils comme l’échelle d’Epworth peuvent aider à quantifier la somnolence (score supérieur à 10 = somnolence excessive). Le score NOSAS, utilisé ici sur ce blog, aide à objectiver le risque d’apnée en fonction de plusieurs facteurs (IMC, tour de cou, sexe, etc.).
Le témoignage des proches est précieux : personne n'entend ses propres ronflements ou ses pauses respiratoires. Osez en parler, c’est souvent un élément clé pour orienter le diagnostic.
Seuls ces examens permettent de trancher, surtout s'il existe un doute : ils sont indolores, mais nécessitent un plateau technique adapté (laboratoire du sommeil).
Se mobiliser pour sa santé du sommeil peut réellement changer la donne. Voici quelques pistes simples :
Face à une somnolence diurne sévère, prendre le temps de chercher la cause réelle, c’est se donner la chance d’aller bien. S’entourer, consulter, s’informer... Avec les bons outils et les bons interlocuteurs, chacun peut avancer vers des solutions. Mieux dormir, c’est mieux vivre : cette démarche commence parfois par une simple question… et continue par des réponses solides.