30 avril 2026

Dépistage à Lausanne : comment distinguer apnée du sommeil et syndrome des jambes sans repos ?

Comprendre deux troubles fréquents, souvent confondus

À Lausanne comme ailleurs, il n’est pas rare de voir, en consultation du sommeil, des personnes qui confondent apnée du sommeil et syndrome des jambes sans repos. Ces deux troubles sont pourtant différents — mais leurs conséquences, elles, se rejoignent : fatigue chronique, baisse de concentration, troubles de l’humeur, augmentation du risque cardiovasculaire. Pourquoi cette confusion ? Parce que les symptômes de mauvaise qualité du sommeil se ressemblent, et parce que les deux touchent près de 10% de la population adulte (étude HypnoLaus, Université de Lausanne, HypnoLaus).

Distinguer rapidement l’apnée du sommeil d’un syndrome des jambes sans repos est essentiel : les traitements, les enjeux médicaux et le suivi ne sont pas les mêmes. C’est là qu’interviennent les outils de dépistage spécifiques, intégrés dans le parcours de soin à Lausanne.

Pourquoi dépister précocement ?

  • Mieux orienter vers les examens utiles : Éviter les examens inutiles et gagner du temps pour obtenir un diagnostic précis.
  • Adapter le traitement : Ce qui fonctionne pour l’apnée ne fonctionne pas pour les jambes sans repos, et inversement.
  • Prévenir les complications : Les deux troubles sont liés à des maladies chroniques (hypertension, diabète, anxiété…).

Les symptômes-clés à la loupe

Apnée du sommeil Syndrome des jambes sans repos
Arrêts respiratoires nocturnes signalés par un proche Besoins irrépressibles de bouger les jambes, surtout au repos, le soir
Ronflements forts et réguliers Fourmillements, sensations désagréables dans les jambes
Fatigue non expliquée, somnolence diurne Agitation pendant la nuit, difficulté à s’endormir
Réveils fréquents, parfois avec sensation d’étouffement Amélioration temporaire en bougeant les jambes

À Lausanne, la première étape du dépistage est l’entretien clinique, mené par le médecin généraliste, un pneumologue ou un spécialiste du sommeil. S’appuyer uniquement sur les sensations du patient n’est pas suffisant : des outils validés aident à poser des questions précises et à objectiver les risques.

Quels outils de dépistage en première intention à Lausanne ?

Les consultations spécialisées en sommeil à Lausanne (notamment au CHUV, à la Clinique de Montchoisi et en cabinet privé) utilisent une combinaison pragmatique d’outils validés pour orienter rapidement vers la bonne piste.

1. Questionnaires standardisés : la base du dépistage

  • Pour l’apnée du sommeil : Le score NOSAS (Neck circumference, Obesity, Snoring, Age, Sex). Développé en Suisse (Université de Lausanne – Médecin du sommeil), il permet de quantifier le risque d’apnée obstructive par un système de points très simple. Il tient compte de :
    • Tour de cou supérieur à 40 cm
    • IMC ≥ 25 kg/m2
    • Ronflement nocturne
    • Âge et sexe masculin

    Un score supérieur à 7 suggère un risque accru d’apnée (Baillargeon et al., The Lancet Respiratory Medicine, 2016).

  • Score STOP-Bang (Snoring, Tiredness, Observed apnea, high blood Pressure, BMI, Age, Neck circumference, Gender). Utilisé aussi à Lausanne, il est recommandé par la majorité des sociétés savantes (ERS, AASM, SFRMS) en première ligne. Il cible huit critères simples, chaque « oui » vaut un point.
  • Pour les jambes sans repos : Le questionnaire IRLSSG (International Restless Legs Syndrome Study Group). Son adaptation francophone est validée en Suisse romande. Ce questionnaire aide à repérer :
    • Les sensations désagréables nocturnes dans les membres inférieurs
    • L’urgence de remuer les jambes pour soulager ces sensations
    • L’apparition ou l’aggravation de ces symptômes au repos, leur amélioration par le mouvement
    • L'aggravation en soirée ou la nuit

    Un score élevé oriente vers un syndrome des jambes sans repos.

2. L’examen physique : un complément évident

  • Mesure du tour de cou et du poids
  • Recherche d’anomalies ORL (voies aériennes supérieures, amygdales, luette...)
  • Vérification des mouvements périodiques des jambes
  • Aide à distinguer d’autres causes (neurologiques, circulatoires...)

Les outils de dépistage ne remplacent pas l’examen clinique mais le rendent beaucoup plus efficace.

Les tests complémentaires : aller plus loin si suspicion forte

Si le score NOSAS ou STOP-Bang, associés à l’examen, suggèrent un risque d’apnée intermédiaire ou élevé, une orientation rapide vers un enregistrement du sommeil est indiquée. Pour le syndrome des jambes sans repos, le diagnostic reste clinique, mais certains examens précisent la gravité.

Pour l’apnée du sommeil :

  1. Polygraphie respiratoire nocturne :
    • Test le plus utilisé à Lausanne en ambulatoire.
    • Enregistre la respiration, la saturation en oxygène, les mouvements thoraciques, la fréquence cardiaque.
    • Permet de comptabiliser les apnées et hypopnées (source : Service de Pneumologie du CHUV).
  2. Polysomnographie complète :
    • Réalisée en laboratoire du sommeil, surtout si première polygraphie est douteuse ou en cas de comorbidités lourdes (épilepsie, maladies neuromusculaires...)
    • Enregistre l’EEG, l’ECG, les mouvements des jambes, l’oxymétrie, la respiration et la position.

Pour le syndrome des jambes sans repos :

  • Actimétrie (bracelet connecté validé) :
    • Mesure objective de l’agitation nocturne, sur plusieurs nuits à domicile.
    • Permet de confirmer l’importance des mouvements nocturnes périodiques.
  • Polysomnographie (si doute diagnostique important ou pour quantifier les mouvements périodiques des membres). Elle reste un outil de référence, mais n’est pas systématique.
  • Bilan sanguin (recherche de carence en fer, fréquente dans le syndrome des jambes sans repos, source : Swiss Sleep Foundation).

L’objectif du dépistage n’est pas uniquement de “coller une étiquette” mais de guider rapidement vers une prise en charge adaptée, personnalisée, et humaine.

Que faire en pratique à Lausanne ? Le parcours concret du patient

  1. Signaler ses symptômes au médecin traitant. En Suisse romande, c’est le premier contact recommandé.
  2. Remplir un ou plusieurs questionnaires validés : NOSAS, STOP-Bang, IRLSSG.
  3. Être examiné (poids, tour de cou, examen ORL, recherche de mouvements nocturnes).
  4. Obtenir une prescription adaptée :
    • Polygraphie/Polysomnographie si suspicion d’apnée
    • Bilan ferritine et actimétrie si suspicion de jambes sans repos
  5. Bénéficier d’une information claire à chaque étape pour agir en partenaire de sa propre santé.

Bien différencier pour mieux prendre en charge

Les outils de dépistage utilisés à Lausanne reposent sur une démarche structurée, validée et bien connue des professionnels de santé. Le score NOSAS, en particulier, est reconnu à l’international, et sa simplicité en fait un allié précieux dans la pratique quotidienne. La complémentarité entre questionnaires, examen physique et tests spécifiques (polygraphie, actimétrie) permet d’éviter les erreurs de diagnostic et d’orienter rapidement vers le traitement le plus adapté.

La recherche avance : l’équipe HypnoLaus, le Swiss Sleep Institute et les sociétés savantes veillent à actualiser sans cesse les outils proposés. Pour chacun, la prévention active commence par la vigilance et l’écoute de ses propres symptômes. Si des doutes subsistent, il existe à Lausanne une filière de soin entière prête à accompagner chaque étape.

Se faire dépister, ce n’est pas s’inquiéter inutilement, c’est se donner toutes les chances de mieux dormir et de mieux vivre. C’est aussi éviter les pièges du diagnostic, souvent source de frustration et d’errance médicale. À Lausanne, les outils existent, accessibles, validés : bien utilisés, ils font la différence !

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