Parasomnies et apnée du sommeil : un duo qui ne fait pas bon ménage
Au fil des consultations, la question revient régulièrement : existe-t-il un lien entre parasomnies et apnée du sommeil ? Beaucoup l’ignorent, et pourtant la réponse est oui...
Nuit Optimisée par la Santé et l’Appui au Sommeil
L’apnée du sommeil et l’hypopnée sont deux types de troubles respiratoires qui affectent la qualité du sommeil. Ils font partie des troubles du sommeil appelés “syndromes d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil” (SAHOS). S’ils sont souvent évoqués ensemble, ils n’ont pourtant pas tout à fait la même définition, ni les mêmes conséquences immédiates. Pourtant, bien distinguer les deux est déterminant pour la prévention, le diagnostic et le traitement.
L’apnée et l’hypopnée peuvent donc toutes deux provoquer de courts réveils nocturnes et une baisse passagère du taux d’oxygène dans le sang. La gravité dépend du nombre total d’événements par heure et de la profondeur de ces pauses respiratoires.
Les apnées et les hypopnées sont comptabilisées par un indice appelé Indice d’Apnées-Hypopnées (IAH/AHI : Apnea-Hypopnea Index), qui correspond au nombre total d’événements respiratoires (apnées + hypopnées) par heure de sommeil.
Selon l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV), près de 5 à 10% des adultes seraient concernés par le SAHOS modéré à sévère. Toutefois, la majorité des personnes touchées ignorent qu’elles sont concernées, car ces pauses respiratoires se produisent la nuit et sont difficilement perçues.
Dans la plupart des cas, l’apnée du sommeil est dite “obstructive”. Les muscles de la gorge se relâchent trop, la langue et le voile du palais basculent en arrière, bloquant totalement la circulation de l’air. C’est souvent favorisé par :
De façon plus rare, il existe une apnée dite “centrale”, d’origine neurologique : le cerveau n’envoie pas correctement le signal de respirer.
L’hypopnée résulte aussi d’un rétrécissement des voies aériennes, mais l’air continue de passer, bien que partiellement. Le flux est donc réduit, entraînant une diminution de l’oxygénation du sang, plus modérée mais parfois tout aussi répétée qu’avec l’apnée complète.
La distinction technique entre hypopnée et apnée se fait donc par le degré de blocage du passage de l’air, mais pour le corps, l’impact peut devenir similaire à long terme, surtout si ces épisodes se répètent nuit après nuit.
Il est important de noter que l’hypopnée est parfois moins spectaculaire qu’une apnée franche, mais n’est pas moins dangereuse si elle est fréquente.
Apnée et hypopnée agissent toutes deux comme un stress répété sur le cœur et le cerveau.
L’hypopnée, parce qu’elle entraîne des microréveils à répétition et une oxygénation altérée, participe pleinement à ces risques. Les études récentes montrent que l’accumulation des hypopnées, même “légères”, multiplie les risques sur la santé. Elles ne doivent pas être banalisées.
Le diagnostic se pose presque toujours à l’aide d’un enregistrement du sommeil :
La frontière entre apnée et hypopnée dépend de critères fixés par des sociétés savantes internationales (American Academy of Sleep Medicine, AASM).
Oui, surtout sans examen du sommeil, car les symptômes ressentis peuvent être similaires : somnolence, sensation de nuit non réparatrice, troubles cognitifs.
Lors de l’analyse des enregistrements, certaines “micro-apnées” à la limite du seuil de 10 secondes peuvent parfois hésiter entre l’un ou l’autre diagnostic : c’est pour cela qu’une analyse médicale, interprétée par un spécialiste, est indispensable.
L’apnée et l’hypopnée du sommeil évoluent souvent “en silence”. Beaucoup d’adultes et d’enfants sous-estiment leur fatigue quotidienne, ou la mettent sur le compte du stress et de l’âge. Pourtant, agir précocement, c’est se donner la possibilité d’éviter des complications à long terme.
Gardez à l’esprit que la qualité de votre sommeil est un capital santé pour aujourd’hui et pour demain. Et il n’est jamais trop tard pour agir, même par petites étapes.
Mieux comprendre les subtilités entre hypopnée et apnée du sommeil, c’est déjà un pas vers la prévention et une meilleure qualité de vie. Si vous souhaitez approfondir, de nombreuses ressources d’experts sont accessibles :
En cas de doute, n’hésitez jamais à en parler à un professionnel de santé formé. Retrouver un sommeil réparateur n’est pas hors de portée : c’est un engagement pour votre santé, votre énergie et votre avenir.