Parasomnies et apnée du sommeil : un duo qui ne fait pas bon ménage
Au fil des consultations, la question revient régulièrement : existe-t-il un lien entre parasomnies et apnée du sommeil ? Beaucoup l’ignorent, et pourtant la réponse est oui...
Nuit Optimisée par la Santé et l’Appui au Sommeil
L’apnée du sommeil n’est pas seulement responsable de la fatigue et des réveils nocturnes. Elle agit silencieusement sur le corps, et son impact sur le système cardiovasculaire est aujourd’hui largement reconnu. De nombreux patients ne soupçonnent pas que ce trouble du sommeil peut être à l’origine de complications graves touchant le cœur et les vaisseaux.
Souvent, consulter pour des ronflements ou des somnolences diurnes amène à découvrir un trouble beaucoup plus large, capable d’augmenter le risque d’hypertension artérielle, d’infarctus, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), d’arythmies ou encore d’insuffisance cardiaque. Pour rappel, selon l’INSV (Institut National du Sommeil et de la Vigilance), près de 30% des hommes et 15% des femmes de plus de 65 ans présentent un syndrome d’apnée du sommeil.
Pour bien comprendre les risques, il faut revenir à ce qui se passe dans le corps lors des apnées. Pendant le sommeil, le passage de l’air s’obstrue, la personne arrête momentanément de respirer (parfois des dizaines de fois par nuit !) et le cerveau se réveille pour relancer la respiration. À chaque réveil, le cœur et l’organisme subissent une forme de « stress », appelée hypoxie intermittente, c’est-à-dire des baisses répétées du taux d’oxygène dans le sang.
Ce phénomène provoque :
Résultat : le cœur fatigue, les artères s’abîment, la tension grimpe – parfois sans symptômes évidents.
L’hypertension artérielle (HTA) est le premier risque cardiovasculaire associé à l’apnée du sommeil. Plus de la moitié des personnes souffrant d’apnée modérée à sévère présentent aussi de l’hypertension (source : Société Européenne de Cardiologie). Et inversement, 35 à 83% des patients hypertendus non contrôlés présentent une apnée du sommeil non traitée (Somers et al., NEJM 2008).
Bonne nouvelle : traiter l’apnée (notamment par pression positive continue, PPC) fait baisser la tension, surtout chez les patients avec HTA résistante (NEJM, 2007).
Le lien entre apnée du sommeil et maladies des artères coronaires est désormais bien établi. Les micro-réveils et le manque d’oxygène favorisent l’inflammation et la formation de plaques dans les artères.
Un diagnostic et une prise en charge précoce protègent donc le cœur à long terme.
L’apnée du sommeil multiplie également par 2 à 4 le risque d’AVC ischémique ou hémorragique (source : American Heart Association 2017). Le manque d’oxygénation provoque des variations brutales de la tension artérielle, et expose les artères cérébrales à de véritables « micro-traumatismes » nocturnes.
Le cœur est sensible aux variations d’oxygène et au stress nocturne causés par l’apnée. Cela favorise le développement de troubles du rythme, en particulier la fibrillation auriculaire.
En traitant l’apnée : diminution très nette du risque de récidive d’arythmie après un choc électrique (cardioversion).
L’apnée n’épargne pas le muscle cardiaque : au fil des années, la surcharge de travail imposée au cœur, couplée à l’HTA et aux arythmies, peut aboutir à une insuffisance cardiaque.
Là encore, la prise en charge de l’apnée peut stabiliser, voire dans certains cas améliorer la fonction cardiaque.
| Complication | Risque relatif (apnée vs. non-apnée) | Impact du traitement |
|---|---|---|
| Hypertension artérielle | x2 à x3 | Baisse de la TA chez 60% des patients traités |
| Maladie coronarienne / infarctus | x2 à x3 | Diminution du risque après traitement |
| AVC | x2 à x4 | Données en faveur d’une réduction du risque avec la PPC |
| Fibrillation auriculaire | x4 | Diminution nette des récidives |
| Insuffisance cardiaque | 40-50% des malades concernés | Pronostic stabilisé voire amélioré |
La bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour agir. Faire diagnostiquer une apnée du sommeil permet non seulement de mieux dormir… mais aussi de préserver durablement la santé du cœur.
La prise en charge combine souvent plusieurs options :
Une étude de référence portant sur 10 000 patients a montré : ceux traités efficacement vivent plus longtemps et présentent moins de complications cardiovasculaires (Martínez-García et al., Chest 2015).
Protéger son cœur, c’est parfois oser parler de ses nuits : des ronflements qui inquiètent, une fatigue inhabituelle, des sautes de tension… Ces petits signaux doivent alerter. De nombreux patients ignorent qu’un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée réduisent fortement les complications graves.
Agir tôt, se faire accompagner et s’informer, voilà les premiers pas vers une prévention efficace. Sur le blog Lausanne Nosas Score, l’objectif est d’aider à mieux comprendre et à mieux agir face à l’apnée du sommeil : chaque action pour bien dormir, c’est une chance de plus pour garder un cœur en pleine forme.
Pour aller plus loin : n’hésitez pas à tester des outils comme le score NOSAS ou à consulter un professionnel du sommeil – votre cœur vous dira merci.