Zoom sur les principales complications cardiovasculaires
1. L’hypertension artérielle : l’effet le plus fréquent
L’hypertension artérielle (HTA) est le premier risque cardiovasculaire associé à l’apnée du sommeil. Plus de la moitié des personnes souffrant d’apnée modérée à sévère présentent aussi de l’hypertension (source : Société Européenne de Cardiologie). Et inversement, 35 à 83% des patients hypertendus non contrôlés présentent une apnée du sommeil non traitée (Somers et al., NEJM 2008).
- HTA résistante : C’est le cas quand la tension reste élevée malgré la prise de trois médicaments ou plus. Cela touche environ 1/3 des hypertendus ayant une apnée du sommeil.
- HTA nocturne : L’apnée empêche la baisse physiologique de la tension la nuit (« non-dippers »), ce qui aggrave le risque de complications.
Bonne nouvelle : traiter l’apnée (notamment par pression positive continue, PPC) fait baisser la tension, surtout chez les patients avec HTA résistante (NEJM, 2007).
2. L’infarctus du myocarde et la maladie coronarienne
Le lien entre apnée du sommeil et maladies des artères coronaires est désormais bien établi. Les micro-réveils et le manque d’oxygène favorisent l’inflammation et la formation de plaques dans les artères.
- Les patients apnéiques ont 2 à 3 fois plus de risque de développer une maladie coronarienne par rapport à la population générale (JAMA, 2014).
- En cas d’antécédent d’infarctus, la présence d’apnée non traitée triple le risque de récidive – ou de décès dans l’année qui suit.
Un diagnostic et une prise en charge précoce protègent donc le cœur à long terme.
3. Accidents vasculaires cérébraux (AVC)
L’apnée du sommeil multiplie également par 2 à 4 le risque d’AVC ischémique ou hémorragique (source : American Heart Association 2017). Le manque d’oxygénation provoque des variations brutales de la tension artérielle, et expose les artères cérébrales à de véritables « micro-traumatismes » nocturnes.
4. Arythmies cardiaques : quand le cœur bat la chamade… ou s’arrête
Le cœur est sensible aux variations d’oxygène et au stress nocturne causés par l’apnée. Cela favorise le développement de troubles du rythme, en particulier la fibrillation auriculaire.
- Les patients avec apnée sévère multiplient leur risque de fibrillation auriculaire par 4 (AHA, 2008).
- Chez les porteurs de pacemakers ou de défibrillateurs, l’apnée augmente la fréquence des épisodes d’arythmie nocturne.
En traitant l’apnée : diminution très nette du risque de récidive d’arythmie après un choc électrique (cardioversion).
5. Insuffisance cardiaque et complications à long terme
L’apnée n’épargne pas le muscle cardiaque : au fil des années, la surcharge de travail imposée au cœur, couplée à l’HTA et aux arythmies, peut aboutir à une insuffisance cardiaque.
- 40 à 50% des personnes atteintes d’insuffisance cardiaque présentent une apnée du sommeil
- Chez ces patients, le pronostic s’aggrave (hausse des hospitalisations, de la mortalité, etc.)
Là encore, la prise en charge de l’apnée peut stabiliser, voire dans certains cas améliorer la fonction cardiaque.