Parasomnies et apnée du sommeil : un duo qui ne fait pas bon ménage
Au fil des consultations, la question revient régulièrement : existe-t-il un lien entre parasomnies et apnée du sommeil ? Beaucoup l’ignorent, et pourtant la réponse est oui...
Nuit Optimisée par la Santé et l’Appui au Sommeil
Dormir est un besoin fondamental. Pourtant, une personne sur trois souffre d’un trouble du sommeil à un moment de sa vie d’adulte (INSV, 2023). Selon l’OMS, près de 40 % des adultes dorment mal au moins une fois par semaine. Quand la fatigue envahit vos journées, il n’est pas toujours facile de comprendre pourquoi. L’apnée du sommeil est souvent évoquée, mais ce n’est qu’un acteur parmi de nombreux autres troubles du sommeil.
Savoir distinguer l’apnée des autres problèmes nocturnes est essentiel pour adopter les bons gestes et orienter les recherches. Les symptômes se ressemblent parfois : fatigue, troubles de la concentration, irritabilité. Pourtant, les causes, les conséquences et les traitements n’ont rien à voir.
On distingue plusieurs grands groupes de troubles du sommeil chez l’adulte, chacun avec ses mécanismes propres :
Zoom sur l’essentiel pour y voir plus clair.
L’apnée du sommeil, et plus particulièrement l’apnée obstructive, est un trouble respiratoire nocturne. Elle se caractérise par des arrêts involontaires de la respiration durant le sommeil, qui peuvent durer 10 à 30 secondes, parfois plus. Ces pauses peuvent se répéter des dizaines, voire des centaines de fois chaque nuit. La plupart des personnes en sont inconscientes.
Près d’1 million de Français seraient concernés par l’apnée sévère, soit environ 5 à 10 % des adultes (HAS, 2023). Pourtant, la majorité ignore leur trouble.
Le diagnostic se pose après un examen spécialisé : la polygraphie ou la polysomnographie nocturne.
| Symptômes | Apnée du sommeil | Insomnie | Syndrome jambes sans repos |
|---|---|---|---|
| Réveils nocturnes | Oui, avec suffocation, pauses respiratoires | Oui, difficulté à se rendormir | Oui, besoin de bouger les jambes |
| Fatigue en journée | Oui, très fréquente | Souvent | Souvent |
| Ronflements | Oui (fréquents, intenses) | Non | Non |
| Somnolence diurne | Oui | Plutôt fatigue | Parfois |
| Impression de sommeil non réparateur | Oui | Oui | Oui |
| Signes à l’endormissement | Non | Oui, difficulté à s’endormir | Oui, fourmillements jambes |
L’insomnie se définit par une difficulté à s’endormir, à rester endormi ou à retrouver le sommeil quand on se réveille la nuit. On parle d’insomnie chronique si le problème persiste au moins 3 fois par semaine, pendant au moins 3 mois.
Les causes sont souvent psychologiques (stress, anxiété), environnementales ou liées à d’autres maladies. On estime qu’environ 15 à 20 % des adultes souffrent d’insomnie chronique (INSV, 2022).
Signes typiques :
Le SJSR se manifeste par des sensations désagréables dans les jambes, surtout le soir ou la nuit. Le besoin irrépressible de bouger entraîne des difficultés à s’endormir ou de multiples réveils nocturnes.
On estime que 8 à 10 % des adultes sont concernés, avec une prédominance féminine (Inserm, 2021).
Signes typiques :
Les parasomnies recouvrent des phénomènes inhabituels survenant pendant le sommeil : somnambulisme, cauchemars sévères, terreurs nocturnes. Elles touchent surtout les enfants, mais certains adultes peuvent être concernés.
Nous en parlons ici pour souligner qu’elles s’accompagnent rarement de somnolence diurne, contrairement à l’apnée ou l’insomnie.
La narcolepsie et d’autres hypersomnies provoquent une envie incontrôlable de dormir, parfois en pleine activité. Cela n’a rien à voir avec la fatigue liée au sommeil fragmenté de l’apnée. Ces troubles sont plus rares, touchant moins de 1 % des adultes (Orphanet, 2023).
Signes typiques :
Il existe des indices simples pour s’orienter avant de consulter :
Le score NOSAS, disponible gratuitement sur ce site, est un outil simple pour estimer le risque d’apnée du sommeil en quelques minutes. En cas de doutes, n’hésitez pas à vous en servir.
L’apnée n’est pas juste un trouble gênant. Elle altère globalement la santé.
Un traitement adapté (ventilation nocturne, orthèse…) réduit considérablement ces risques et améliore clairement la qualité de vie. À l’inverse, les autres troubles du sommeil sont gênants, favorisent l’anxiété ou la somnolence, mais ne comportent pas tous ces risques physiques sévères.
D’où l’importance de ne pas passer à côté du bon diagnostic.
Dans ces cas, l’avis d’un professionnel du sommeil est fondamental. Parlez-en à votre médecin, utilisez des outils de dépistage, et ne négligez pas vos symptômes. Beaucoup de solutions existent pour reprendre le contrôle de vos nuits.
Reconnaître les signes d’un trouble du sommeil est la première marche vers une meilleure qualité de vie. Les troubles du sommeil ne sont pas une fatalité de l’âge adulte, ni une faiblesse. Ils sont le reflet de déséquilibres qu’on peut souvent corriger.
Les données scientifiques évoluent, mais une chose ne change pas : agir tôt reste la meilleure garantie contre les complications. Prendre soin de sa nuit, c’est investir pour toute la journée.
Sources :