Parasomnies et apnée du sommeil : un duo qui ne fait pas bon ménage
Au fil des consultations, la question revient régulièrement : existe-t-il un lien entre parasomnies et apnée du sommeil ? Beaucoup l’ignorent, et pourtant la réponse est oui...
Nuit Optimisée par la Santé et l’Appui au Sommeil
L’apnée du sommeil touche entre 5 et 15% des adultes, selon les populations étudiées. Pourtant, cette prévalence n’est pas répartie de façon uniforme. Pendant longtemps, l’apnée du sommeil était vue comme « une maladie d’homme ». Mais que disent vraiment les études ? Et qu’en est-il des femmes ? Aujourd’hui, on sait que le sexe biologique influe non seulement sur le risque de développer une apnée du sommeil, mais aussi sur la façon dont elle se manifeste et sur la manière dont elle est diagnostiquée. S’intéresser à ces différences est essentiel pour affiner la prévention et permettre à chacun de mieux prendre soin de sa santé.
Les plus grandes études épidémiologiques montrent un constat clair : l’apnée du sommeil est plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, mais ce fossé tend à se réduire avec l’âge.
Le ratio homme/femme (usage du sexe biologique dans les études) oscille donc entre 2:1 et 3:1, mais il se rapproche de 1:1 après la ménopause. L’âge et les changements hormonaux sont donc des déterminants majeurs, même s’ils ne sont pas les seuls.
L’explication de ce déséquilibre n’est pas simplement statistique ou liée aux habitudes de vie.
Il faut cependant intégrer d’autres paramètres. Par exemple : la prise de poids, très liée à la survenue de l’apnée, touche différemment les deux sexes à l’âge adulte, mais tend à converger avec le vieillissement.
Au-delà du risque, c’est la façon dont l’apnée du sommeil se manifeste qui varie avec le sexe. Cela a un impact direct sur le diagnostic.
Une conséquence importante : les femmes sont souvent sous-diagnostiquées ou diagnostiquées sur le tard, car leurs symptômes s’éloignent du « portrait-robot » traditionnel de l’apnée.
L’apnée du sommeil n’impacte pas uniquement la qualité du sommeil. Elle augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’hypertension, d’accidents vasculaires… Or, le terrain sur lequel l’apnée évolue est souvent différent chez la femme et chez l’homme, ce qui module ces risques supplémentaires.
La plupart des questionnaires et scores utilisés pour estimer le risque d’apnée ont été développés essentiellement à partir de cohortes masculines. Cela pose un problème de sensibilité et de spécificité chez les femmes.
Des recommandations récentes insistent sur le besoin de former davantage les médecins au repérage de l’apnée chez la femme, en particulier après la ménopause (Sleep Foundation).
Le passage à la ménopause est un moment-clé pour la santé du sommeil des femmes. Plusieurs études démontrent que l’incidence de l’apnée du sommeil augmente rapidement à cette période. Le rôle des traitements hormonaux substitutifs (THS) reste débattu :
L’intérêt principal du THS reste, avant tout, la prise en charge des symptômes de la ménopause. La décision doit être personnalisée avec le médecin traitant.
Prendre en compte le sexe et l’âge permet d’adapter les messages de prévention et d’intervention :
N’hésitez pas non plus à questionner votre équipe médicale, à consulter si vous vous reconnaissez dans les descriptions, ou si un proche vous fait part de changements inquiétants pendant la nuit.
L’apnée du sommeil n’est pas « une maladie d’homme », contrairement à certaines croyances encore tenaces. Les femmes sont concernées, souvent de façon plus tardive et plus discrète, mais avec un impact sanitaire tout aussi important. Mieux repérer ces différences, c’est s’ouvrir à une prévention plus juste et une meilleure santé pour tous.
La vulgarisation, la sensibilisation et la personnalisation des conseils sont les clefs pour progresser. Les professionnels évoluent, les outils diagnostiques également, pour ne plus passer à côté de cas importants. Chacun peut agir, à titre personnel ou pour ses proches, afin de protéger ce précieux capital qu’est le sommeil réparateur.
Restez à l'écoute de votre corps, informez-vous, et osez parler de votre sommeil. La prévention est plus efficace quand elle se fait dans le respect des différences… et quand elle commence tôt.