Parasomnies et apnée du sommeil : un duo qui ne fait pas bon ménage
Au fil des consultations, la question revient régulièrement : existe-t-il un lien entre parasomnies et apnée du sommeil ? Beaucoup l’ignorent, et pourtant la réponse est oui...
Nuit Optimisée par la Santé et l’Appui au Sommeil
L’apnée du sommeil fait partie des troubles respiratoires du sommeil dont on parle de plus en plus. Pourtant, beaucoup d’idées fausses circulent, en particulier sur les profils les plus à risque. De nombreuses études concordent : ce syndrome touche surtout les hommes, et plus particulièrement ceux d’âge moyen. Cette réalité soulève des questions majeures : Pourquoi cette disparité ? Quels mécanismes sont à l’œuvre ? Qui doit se sentir concerné et, surtout, comment prévenir les complications ?
L’apnée du sommeil, ou Syndrome d’Apnées Hypopnées Obstructives du Sommeil (SAHOS), se caractérise par des arrêts répétés de la respiration durant le sommeil. Ces interruptions, parfois de quelques secondes à plus d’une minute, fragilisent l’oxygénation du corps et fragmentent le sommeil, sans toujours réveiller le dormeur.
L’apnée du sommeil augmente les risques cardiovasculaires, de diabète, d’accidents de la route ou du travail, et impacte la qualité de vie, l’énergie et l’humeur.
Différentes études épidémiologiques – dont la vaste étude HypnoLaus réalisée à Lausanne (Heinzer et al., 2015, European Respiratory Journal) – confirment un constat central : le pic de fréquence du SAHOS se situe chez les hommes entre 40 et 65 ans. Mais pourquoi ce groupe en particulier ?
Les hormones jouent un rôle clef. Avant la ménopause, les œstrogènes et la progestérone protègent les femmes. Ces hormones ont un effet tonifiant sur les muscles du pharynx et stimulent la respiration. Après la ménopause, le risque d’apnée du sommeil augmente aussi chez les femmes, mais il reste inférieur à celui des hommes d’âge comparable jusqu’à environ 65 ans (Source : Sleep, 2002).
Le SAHOS n’est pas qu’une histoire de ronflements : ce sont surtout les conséquences sur le cœur, le cerveau et le métabolisme qui inquiétent.
| Population | Prévalence du SAHOS |
|---|---|
| Hommes (40-65 ans) | 23 à 49 % (modéré à sévère) |
| Femmes (40-65 ans) | 9 à 23 % (modéré à sévère) |
| Femmes avant ménopause | 2 à 9 % |
| Après 65 ans (hommes et femmes) | Prévalence se rapproche, plus de 30 % |
Sources : ERJ 2015 Heinzer R., Sleep 2002, INSERM 2020
Longtemps, le SAHOS a été vu comme un simple désagrément nocturne, surtout masculin, presque normal avec l’âge et le surpoids. Mais banaliser ces troubles, c’est laisser s’installer des complications silencieuses :
Parce qu’un diagnostic précoce fait toute la différence, il existe aujourd’hui des outils simples pour évaluer son risque d’apnée du sommeil.
Se questionner ou consulter un professionnel du sommeil, c’est la première étape pour reprendre la main sur sa santé.
Chez l’homme d’âge moyen, certains facteurs sont inévitables (anatomie, vieillissement), mais il est possible d’agir :
La prévention reste la clef : moins de complications cardiovasculaires, moins d’accidents, plus de vitalité au quotidien. Même à 40, 50 ou 60 ans, il n’est jamais trop tard pour agir.
Parler du sommeil, c’est encore difficile pour beaucoup d’hommes. Le plus souvent, c’est l’entourage qui observe les pauses respiratoires ou les ronflements. Pourtant, prendre soin de son sommeil, c’est aussi investir dans sa santé globale : moins de maladies, moins de fatigue chronique, et un quotidien plus serein.
La recherche avance, et des solutions simples émergent, de la prise en charge clinique à des outils numériques de dépistage. Oser en parler avec son médecin reste le premier réflexe à adopter.
À chaque étape de la vie, mieux dormir, c’est mieux vivre.