Parasomnies et apnée du sommeil : un duo qui ne fait pas bon ménage
Au fil des consultations, la question revient régulièrement : existe-t-il un lien entre parasomnies et apnée du sommeil ? Beaucoup l’ignorent, et pourtant la réponse est oui...
Nuit Optimisée par la Santé et l’Appui au Sommeil
L’apnée du sommeil fait partie de ces troubles qui passent souvent inaperçus. Et pourtant, elle touche environ 8% de la population adulte européenne, et jusqu’à 15% des personnes de plus de 70 ans selon l’European Respiratory Society (ERS Journals). Sa fréquence augmente avec l’âge, le surpoids, ou certaines particularités anatomiques, mais elle peut aussi toucher des personnes jeunes et en bonne santé apparente.
Malgré sa fréquence, l’apnée du sommeil reste sous-diagnostiquée : environ 80% des personnes concernées l’ignorent. Comprendre comment fonctionne ce trouble est donc essentiel pour agir en prévention et en traitement.
L’apnée du sommeil, ou apnée obstructive du sommeil (AOS), correspond à des arrêts répétés de la respiration pendant le sommeil. Pour qu’on parle d’apnée, la respiration doit s’arrêter au moins 10 secondes, parfois beaucoup plus. Ces pauses sont causées par un relâchement des muscles de la gorge, qui entraînent une obstruction partielle ou totale des voies aériennes supérieures.
L’index d’apnées-hypopnées (IAH) désigne le nombre de pauses respiratoires (apnées + hypopnées) par heure de sommeil :
Un enfant avec un IAH supérieur à 1 doit déjà être surveillé (HAS 2020).
Lors d’un épisode d’apnée, le passage de l’air est réduit ou complètement bloqué. Cela provoque :
Ces multiples interruptions fractionnent le sommeil et empêchent le cerveau d’entrer dans ses phases réparatrices. C’est comme si l’on était réveillé des dizaines, voire des centaines de fois chaque nuit, sans s’en rendre compte.
Les apnées du sommeil surviennent surtout lors du sommeil profond et du sommeil paradoxal, lorsque le tonus musculaire est le plus bas. La langue et les tissus mous de la gorge s’affaissent, bouchant le passage de l’air.
Souvent, la personne ne s’en aperçoit pas. Ce sont plutôt les proches qui constatent :
Le matin, la fatigue est inhabituelle, même après un « sommeil » de 7 ou 8 heures.
L’apnée du sommeil ne provoque pas que des ronflements. Bien d’autres signes quotidiens doivent alerter, même en l’absence de surpoids ou de problèmes cardiaques.
Chez l’enfant, la présentation est différente : hyperactivité, troubles du comportement, baisse des résultats scolaires, pipi au lit.
L’apnée du sommeil est loin d’être anodine. À long terme, elle épuise le système cardiovasculaire, augmente la pression artérielle et dérègle le métabolisme.
De nombreux facteurs peuvent provoquer ou aggraver une apnée du sommeil :
Certaines personnes combinent plusieurs de ces facteurs, renforçant le risque et l’intensité des apnées.
Face à une suspicion (symptômes, score NOSAS élevé, antécédents familiaux), le médecin oriente vers :
Ces examens donnent le chiffre de l’IAH, la saturation minimale en oxygène, la durée des épisodes, et aident à préciser le type et la gravité de l’apnée.
Des outils simples en ligne comme le score NOSAS permettent de détecter les personnes à risque et de discuter avec son médecin d’un dépistage adapté.
L’apnée du sommeil n’impacte pas seulement la santé physique. Elle entraîne aussi :
Le sentiment d’incompréhension et l’isolement sont fréquents, d’où l’importance de mettre des mots sur les symptômes et d’oser en parler avec un professionnel.
Heureusement, l’apnée du sommeil se traite bien, à condition d’être dépistée. Les approches sont variées :
Si certaines causes sont mécaniques ou génétiques, il est possible d’agir :
Une démarche de prévention active, même modeste, porte ses fruits en quelques semaines.
L’apnée du sommeil peut toucher chacun d’entre nous, sans distinction d’âge, de sexe ni de corpulence. Elle ne doit pas être source de stigmatisation ni d’inquiétude insurmontable. En repérant les signes, en s’informant et en consultant, il est possible de retrouver un sommeil réparateur et de préserver sa santé à long terme.
Le dépistage actif, surtout si l’on se reconnaît dans les symptômes décrits, reste le meilleur levier pour mieux dormir… et mieux vivre. N’hésitez pas à explorer les outils proposés sur ce site, et parlez-en avec votre entourage ou votre médecin. Votre énergie, votre humeur et votre vigilance quotidienne valent bien une nuit de sommeil « reconnectée ».