Parasomnies et apnée du sommeil : un duo qui ne fait pas bon ménage
Au fil des consultations, la question revient régulièrement : existe-t-il un lien entre parasomnies et apnée du sommeil ? Beaucoup l’ignorent, et pourtant la réponse est oui...
Nuit Optimisée par la Santé et l’Appui au Sommeil
L’apnée du sommeil touche un nombre croissant de personnes. Mais ses conséquences ne sont pas universelles. Elles varient selon l’âge et le sexe. Cette question est essentielle car mieux comprendre ces différences, c’est mieux prévenir, mieux diagnostiquer, mieux traiter. Chez Lausanne Nosas Score, la conviction est claire : chaque histoire du sommeil mérite écoute et personnalisation.
Avant d’aller plus loin, rappelons : l’apnée obstructive du sommeil (AOS) correspond à des interruptions répétées de la respiration, pendant le sommeil, en raison d’un relâchement des voies aériennes supérieures. Elle touche environ 4 % des femmes et 8 % des hommes adultes, mais ces chiffres grimpent avec l’âge (Source : HAS, Fédération Française de Cardiologie, Sleep Foundation).
La forme de l’AOS dépend aussi du sexe :
L’apnée du sommeil, si elle n’est pas soignée, augmente le risque d’hypertension, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), de troubles du rythme cardiaque ou d’insuffisance cardiaque. Mais ces risques ne sont pas répartis pareil :
Ainsi, à chaque âge et selon le sexe, les complications n’ont pas la même expression ni la même rapidité d’évolution.
La fatigue diurne et le sentiment d’épuisement sont les symptômes les plus fréquents, mais voient leur expression varier :
| Profil | Fatigue ressentie | Retentissement |
|---|---|---|
| Homme de 40-65 ans | Fatigue brutale, somnolence importante en journée | Risque élevé d’accidents de la route, baisse de la performance professionnelle |
| Femme de 40-65 ans | Fatigue diffuse, troubles de l’humeur, anxiété | Difficulté à tenir le rythme quotidien, insomnies associées |
| Personne âgée | Fatigue plus progressive, parfois méconnue | Troubles cognitifs, risque de chute, perte d’autonomie |
Petit conseil : si vous notez une somnolence inhabituelle, un ralentissement intellectuel ou des sautes d’humeur, surtout après 50 ans ou à la ménopause, pensez à évoquer l’apnée du sommeil. Ce n’est jamais « trop tard » pour consulter, et souvent, le diagnostic apporte un soulagement.
L’AOS ne se limite pas au cœur et au cerveau. Elle interagit fortement avec le métabolisme :
Un encouragement fort : le dépistage de l’AOS dans les bilans de surpoids ou de diabète permet aussi d’améliorer la prise en charge globale. Parfois, mieux dormir aide à perdre du poids et à réduire la glycémie.
Il est prouvé que les femmes sont diagnostiquées plus tard et moins souvent que les hommes (Source : European Respiratory Journal, 2018). Pourquoi ? Les symptômes sont plus discrets ou différents :
Après la ménopause, l’apnée classique s’installe mais reste sous-estimée. D’où l’importance d’être attentif à ces signes atypiques, d’en parler à son ou sa médecin, même sans ronflements. Aucun symptôme n’est “imaginé” : il existe des réponses scientifiques pour chacun.
Chez les seniors, l’apnée du sommeil entraîne, outre la fatigue, une perte d’autonomie, des troubles de la mémoire, des chutes, ou une aggravation de maladies déjà présentes (hypertension, insuffisance cardiaque, troubles cognitifs débutants). Peut-être qu’un parent âgé qui “n’a jamais fait d’apnée” commence, avec l’âge, à présenter ces signes insidieux. Le sujet mérite débat en consultation lors du suivi gériatrique.
L’apnée du sommeil chez l’enfant (souvent liée à des amygdales trop grosses ou à une malposition dentaire) entraîne chez lui :
Chez l’adolescent, le surpoids est un facteur de risque majeur. Ici encore, le diagnostic change la vie de l’enfant, de l’élève, du futur adulte.
L’apnée du sommeil n’est ni une fatalité, ni une fatalité masculine. Chacun peut agir à sa mesure :
Même à 70 ans, un traitement par ventilation nocturne (PPC) améliore la cognition, la qualité de vie, et réduit l’hospitalisation.
L’apnée du sommeil ne frappe pas de la même manière selon l’âge, ni le sexe. L’essentiel ? Oser en parler, se faire dépister, refuser la résignation. Les outils d’auto-évaluation comme le score NOSAS apportent une aide précieuse, mais c’est l’écoute attentive des symptômes et la prise en compte des spécificités de chacun qui font la différence. Prendre soin de son sommeil, c’est investir dans chaque étape de la vie – et il n’y a pas d’âge ni de sexe pour ça.
Pour aller plus loin :